Ce que l’art peut à Gaza

19 mars 2016 - 16:00

Contrairement à l’image véhiculée de Gaza, cette bande de terre confinée témoigne d’une forte vitalité artistique. Peintres, vidéastes ou photographes continuent à créer, en dépit des fortes contraintes sur le terrain. A travers leurs images, ces artistes font résonner leurs messages au-delà des frontières et révèlent leur terre natale sous un autre jour. Quelles sont les conditions de création et de circulation de l’art à Gaza ? Y-a-t-il une spécificité de l’art contemporain à/de Gaza ? Comment gérer une action culturelle à/pour Gaza ? Cette rencontre réunit des artistes à la carrière internationale, qui peuvent d’ordinaire difficilement se rencontrer ; ils partageront leurs expériences avec des acteurs culturels de Gaza et de France.

Avec Mohammed Abusal, Mohammed Musallam, Taysir Batniji, Shadi Zaqzouq, Nabil Abu Ghanima, artistes. Anthony Bruno (dir. de l’Institut français de Gaza), Amina Hamshari (dir. de l’Institut culturel franco-palestinien). Abaher El-Sakka (dir. du département de sociologie de l’Université de Birzeit). Modératrice Marion Slitine (anthropologue).

Cette rencontre a lieu dans le cadre de l’événement Gaza inédite du 17 au 21 mars entre Paris et Marseille.

Visuel © Mohamed Abusal

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Biographies

Né à Gaza en 1966, Taysir Batniji a étudié les Beaux-Arts à l’université Al-Najah de Naplouse, puis a poursuivi sa formation en France, à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Bourges, à l’université Paris 8 et à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Marseille. Ses œuvres de peinture, photographie, installation, art-vidéo et performance ont été exposés en Europe et ont été acquises par plusieurs fonds, notamment le Centre Pompidou. Il a été lauréat du Prix « Abraaj Capital Art Prize » en 2012.

Shadi Zaqzouq, né en 1981 à Benghazi, est un artiste plasticien s’étant installé à Gaza après les Accords d’Oslo. A Gaza, il a co-fondé en 2002, le collectif Shababik, Windows for Contemporary Art, et bénéficie d’une résidence à la Cité Internationale des arts de Paris (2006). Depuis, il a participé à de nombreuses expositions, notamment à la Galerie Saatchi à Londres (2015) et à l’Institut du Monde Arabe à Paris (2016). Il vit et travaille actuellement à Paris.

Né en 1984 à Gaza, le peintre Nabil Abu Ghanima a obtenu une Licence en Education artistique à l’université d’Al-Aqsa. Après avoir participé à des expositions collectives à Gaza et en Egypte, sa première exposition solo intitulée « Libéré des parapluies » a eu lieu en 2015 à l’Institut Français de Jérusalem et à la Ma’mal Foundation. Il est actuellement en résidence à la Cité des Arts à Paris.

Né en 1976 à Gaza, Mohammed Abusal est un artiste plasticien multimédia, résidant à Gaza, où il a co-fondé le collectif d’artiste et galerie « Eltiqa for Contemporary Art ». Ses travaux en photographie, peinture, installation et art-vidéo ont été exposés en Europe et aux Etats-Unis, et récemment à la Biennale de la photographie arabe à l’Institut du Monde Arabe à Paris. En 2005, il a été lauréat du Prix d’Art contemporain Charles Aspry et est actuellement en résidence à la Fondation Camargo (Cassis). 

Né en 1974 à Gaza, Mohammed Musallam est un artiste plasticien vivant à Gaza, professeur d’histoire de l’art à l’Université Al-Aqsa de Gaza, et également doctorant à l’Université de Helwan au Caire, sur la scène des arts visuels à Gaza. Son art regroupe des peintures abstraites, de l’art vidéo, des installations politiques et de la photographie.

Diplômé de Relations internationales de de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence et de journalisme à Sciences-Po Paris, Anthony Bruno est directeur de l’Institut Français de Gaza et responsable du secteur Arts visuels pour l’ensemble du réseau des Instituts culturels français en Territoires palestiniens occupés (Ramallah, Bethléem, Hébron, Gaza, Naplouse, Jérusalem).  

Diplômée d’histoire de la Sorbonne et spécialiste du dialogue interculturel à l’UNESCO, Amina Hamshari est directrice de l’Institut Culturel Franco-Palestinien, opérateur culturel créé en 2012 pour le soutien à la création contemporaine palestinienne. Franco-palestinienne, elle organise de nombreux événements culturels en France et en Palestine, notamment « Palest’In & Out », un festival d’art contemporain palestinien à Paris.

Abaher El-Sakka est sociologue à l’Université de Birzeit, actuellement résident à l’Institut d’études avancées de Nantes. Ses recherches actuelles portent sur la sociologie et l’historiographie des sciences sociales, la variété des modes d’expression politique et artistique en Palestine, la mémoire collective, les mobilisations liées aux nouveaux mouvements contestataires et l’histoire sociale de la ville de Gaza auquel il consacre actuellement un ouvrage.

Diplômée de Sciences Po Paris, de l’Inalco (Langues O) et d’un master d’histoire à la Sorbonne, Marion Slitine est doctorante en anthropologie à l’EHESS et chercheure associée à l’Institut français du Proche-Orient. Sa thèse porte sur les mondes de l’art contemporain en Territoires palestiniens depuis 1990 et a vécu plus de trois ans en Palestine. Elle a également été en charge de divers projets culturels en Syrie, en Palestine et en France.

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