Dossier spécial : le Mouridisme

À partir de la série Touba, présentée dans la section « Voyage initiatique » de l’exposition Croyances : faire et défaire l’invisible, l’ICI propose un dossier sur le mouridisme : une confrérie soufie qui joue un rôle économique et politique de premier plan au Sénégal.

Éric Guglielmi, Touba, 2006-2007
© ADAGP, Paris, 2020

Par des cadrages resserrés sur les pèlerins, Éric Guglielmi capte l’atmosphère de la ville sainte de Touba au Sénégal. Elle accueille chaque année plusieurs millions de fidèles mourides, en particulier à l’occasion du Magal (commémoration en wolof) célébrant le départ en exil du Cheikh Ahmadou Bamba. Fondateur de la confrérie Mouridiyya en 1887, il incarna la résistance pacifique au pouvoir colonial français qui le contraignit à quitter le pays pendant sept ans. Il est aujourd’hui encore considéré comme l’une des plus grandes figures d’Islam en Afrique.

Écoutez l’interview de l’artiste sur RFI à l’occasion de la sortie de son ouvrage consacré à Touba :

Pour aller plus loin

Conférence

La conférence « Cheikh Ahmadou Bamba et le mouridisme » initialement prévue jeudi 26 mars à l’ICI étant reportée après la période de confinement, nous vous en proposons un avant-goût avec cette interview de Sophie Bava, socio-anthropologue à l’IRD, AMU-LPED. Ses travaux proposent une anthropologie religieuse du mouvement qui s’attache aux parcours des croyants, aux histoires des institutions religieuses et aux figures et objets de la mobilité religieuse. Elle s’intéresse aux étapes clefs de cette confrérie en mouvement, jusqu’au mouridisme mondialisé du XXIe siècle.

 

 

Interview de Sophie Bava à l’occasion du colloque international sur les migrations en Méditerranée, 2015

Film

Nous vous invitons à découvrir le film Les morts ne sont pas morts de l’artiste Malik Nejmi, qui apporte un éclairage complémentaire sur le mouridisme et dont le titre s’inspire du recueil Les Souffles (Leurres et lueurs, 1960) du grand poète sénégalais Birago Diop.

Au cours de sa résidence à la Villa Médicis en Italie en 2013/2014, Malik Nejmi s’est intéressé à la figure du vendeur ambulant comme héros des temps modernes et son travail l’a amené à se rapprocher d’une partie de la communauté sénégalaise implantée en Italie. Il l’a notamment suivie lors la commémoration du meurtre de deux marchands ambulants sénégalais à Florence, assassinés par un extrémiste fasciste. Le film donne à voir la violence qui a jailli sur cette communauté et les liens étroits qui s’établissent entre le religieux et le politique dans les parcours migratoires.

© Malik Nejmi, Les morts ne sont pas morts, production de l’artiste, 2012-2014
Villa Medicis, Institut Français de Florence, Kulte Gallery