Nermine Hammam

Nermine Hammam • Wétiko • Audience chez un Kalifat by Eugene Fromentin • Courtesy Rosse Issa Projects

Nermine Hammam • Wétiko • Audience chez un Kalifat by Eugene Fromentin • Courtesy Rosse Issa Projects

Nermine Hammam est née au Caire en 1967. Elle s’installe en Angleterre puis aux Etats Unis en 1985. C’est à New York en 1989 qu’elle obtient son diplôme en réalisation cinématographique à l’université de Tisch School. Elle a été une proche collaboratrice de Youssef Chahine et l’assistante de production sur le film Malcom X de Spike Lee. Aujourd’hui fondatrice d’une société spécialisée dans le graphisme, elle utilise son savoir dans la manipulation par l’image, qu’elle intègre dans ses créations visuelles. Elle mêle avec subtilité différents supports tels que des images numériques et des pellicules endommagées sur lesquelles elle peint, travaillant ainsi sur les différents niveaux de temporalité. Elle croise de multiples esthétiques, occidentales et orientales, emprunte à l’histoire de l’art, manie les techniques de la peinture et de la photographie pour créer des effets de surimpression. Reconnue internationalement, son travail a été présenté dans de nombreuses expositions : à Photoquai en 2009, au Musée du Quai Branly à Paris, à la biennale de Bamako, ou encore au Musée des Beaux-arts de Boston en 2014. Son travail est présent dans les collections permanentes du Victoria and Albert Museum de Londres, au Tropenmuseum d’Amsterdam et au Parco Horcynus Orca de Messine en Italie. Elle est représentée par la galerie Rose Issa.

La série Wétiko: Cowboys and Indigenes est créée en 2013, après deux années passées par l’artiste en allers-retours continus avec le Caire post-révolutionnaire. Nermine Hammam est marquée par le contraste entre la réalité vécue sur place et sa couverture médiatique. Elle est frappée par le détournement des images dans le traitement médiatique des printemps arabes. Sa série naît de ce constat et d’une volonté de rendre visible ce décalage entre l’image et la vérité en proposant une réflexion sur la manipulation des images. Elle sélectionne des peintures orientalistes qu’elle associe à des photographies de presse contemporaines recueillies sur Internet créant par ce procédé une image truquée racontant une histoire toute autre.

La série Upekkha réalisée en 2011 est fondée sur le même principe de création par association. Nermine Hammam utilise cette fois ses propres clichés de militaires pris sur la place Tahrir, qu’elle reproduit sur un fond de cartes postales idylliques. Ce n’est pas leur puissance mais leur vulnérabilité et leur innocence qu’elle met en évidence. Dans cette série, Nermine Hammam crée une nouvelle fois un paradoxe, entre la virilité présupposée de la figure militaire et sa fragilité réelle.

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