Raeda Saadeh

Raadah Saadeh • Vacuum

Raadah Saadeh • Vacuum

Photographe et vidéaste, performeuse et auteure de nombreuses installations, Raeda Saadeh est née en 1977 à Umm Al-Fahem. Elle est diplômée de l’Académie Bezalel Arts and Design de Jérusalem et a étudié un an à New York à l’Ecole d’Arts visuels. Elle vit et travaille aujourd’hui à Jérusalem. Depuis 1996, elle explore à travers ses œuvres les questions transversales de l’identité, notamment celle de la femme palestinienne dans le contexte de l’occupation. Présente dans de multiples expositions à travers le monde telles que les Rencontres d’Arles ( 2002 et 2013) , “Fluid Form II”, Busan Museum of Art, Seoul, Korea (2014); “Light from the Middle East”, Victoria & Albert Museum, London (2012); “Beyond the Last Sky – Contemporary Palestinian Photography and Video” Australian Centre for Photography, Paddington (2012). Son œuvre figure également dans les collections du Victoria and Albert Museum (Londres) Elle a reçu de nombreux prix dont la Chimera de bronze à ICASTICA la première biennale Internationale d’art d’Arezzo (2013). Elle est représentée par la Galerie Rose Issa à Londres.

Raeda Saadeh témoigne avec humour et élégance des multiples paradoxes, ironies et frustrations de la vie quotidienne dans sa terre natale. Nourrie d’influences aussi diverses que celles des grands maîtres de la peinture européenne et celles des contes de fées classiques, elle propose une œuvre multiple, drôle et subversive, qui encourage à reconsidérer ses certitudes. Dans ses photographies et performances, centrées sur l’utilisation du corps féminin, elle se met fréquemment en scène pour explorer les questions de politique et de genre qui traversent la société palestinienne.

Dans Who will make me real réalisée en 2005, l’artiste pose lascivement sur le côté à la manière d’une odalisque, le corps recouvert de journaux titrant sur les victimes de Gaza. Autoportrait autobiographique et à la fois image universelle aux niveaux de significations multiples, Crossroads réalisé en 2003, montre l’artiste debout sur le pas de sa porte, sa valise à portée de main, un pied figé dans un bloc de béton. La photographie Penelope, issue de sa série Fairy tales, représente l’héroïne de la mythologie grecque tricotant une pelote de laine géante, le regard rêveur, assise sur un champ de ruines à Beit Hanina à Jérusalem Est. Ce montage anachronique, mettant en scène une héroïne mythique dans un environnement contemporain, nous montre qu’alors que les lieux, les temps et les contextes changent, la récurrence du conflit, de l’injustice et de l’oppression, elle, demeure.

Dans la vidéo Vacuum réalisée en 2007, l’artiste passe et repasse l’aspirateur sur une montagne désertique située entre Jericho et la Mer Morte. La vanité et l’absurdité du geste, référence au héros de la mythologie grecque Sisyphe renvoie à la vie en Palestine. Par la beauté de ces images, l’artiste semble théâtraliser la condition de la femme palestinienne perdue au sein de ce paysage comme dépassée par la présence du monde.

 

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