Zoulikha Bouabdellah

Zoulikha Bouabdellah • Mauvais graine • Courtesy Sabrina Amrani

Zoulikha Bouabdellah • Mauvais graine • Courtesy Sabrina Amrani

Zoulikha Bouabdellah vit et travaille entre Paris (France) et Casablanca (Maroc). Née en 1977 à Moscou, Zoulikha Bouabdellah grandit à Alger et rejoint la France en 1993. Diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Cergy-Pontoise en 2002, elle vit et travaille aujourd’hui à Casablanca. Son œuvre, protéiforme, puise dans cette identité plurielle et mondiale. Elle a recours à la subversion et la transgression pour atteindre la conscience du spectateur.

La condition de la femme est un des thèmes principaux de l’œuvre de Zoulikha Bouabdellah. Présentée dans diverses biennales dont la Biennale Africaine de la photographique de Bamako, la Biennale de Venise, ses œuvres ont été notamment exposées au Mori Art Museum (Tokyo), à la Tate Modern (Londres), au Brooklyn Museum (New York), , au Museum of Contemporary African Diasporan Arts (New York), au Mathaf Arab Museum of Modern Art (Doha) et au Moderna Museet (Stockholm). Elle a reçude nombreuses distinctions dont le prix Meurice pour l’Art Contemporain en 2008 et l’Abraaj Capital Art Prize (2009).

A travers ses installations, dessins, photographies et vidéos,Zoulikha Bouabdellah interroge la multiplicité des identités culturelles mises en relation avec les contextes sociaux, politiques et religieux. Dans sa série Mirage et dans le triptyque Is your love darling just a mirage? réalisés entre 2011 et 2013, elle détourne les formes géométriques abstraites de l’art islamique pour y insérer le Mirage, l’avion militaire, intrusion symbolique de la situation dramatique que vivent certains pays aux lendemains des printemps arabes. Elle souligne ainsi le détournement des idéaux révolutionnaires et soulève la question : vont-ils inspirer la suite de l’histoire, ou, agités comme des promesses brisées, rester à l’état de mirages, d’images plus ou moins déformées de ce qu’était le véritable idéal ? Entre ce qui est (la révolution) et ce qui doit advenir (la démocratie), l’artiste a trouvé dans l’avion militaire Mirage un symbole porteur de toutes les ambigüités.

Les motifs se répètent chez Zoulikha Bouabdellah, aux significations contradictoires, comme dans l’oeuvre Les couteaux créée en 2013, dans laquelle des lames se ramifient jusqu’à former par leur entrelacs des motifs végétaux. Ici, l’instrument de mort déploie un principe vital paradoxal. Mauvaise graine, créée la même année, est une autre symbolisation de la vie qui persiste malgré tout. Émergeant du béton stérile et obéissant à leur nature au détriment des codes et des sacrements, des fleurs sont portées à la vie. Elles forcent l’ordinaire, en étant là où elles n’étaient pas attendues. Comme elles, les révolutions ne naissent-elles pas de la désobéissance ?

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