Islam(s) d’Europe

Exposition réalisée pour les Veillées du Ramadan 2010, autour de l’influence de l’islam sur la création contemporaine en Europe

avec François Morellet (peintre, graveur et sculpteur), Hassan Hajjaj (photographe, designer), Nicolò Degiorgis et Martin Parr (photographes), Mehdi Moutashar (installation) et Reza Abedini (graphiste)

François Morellet découvre en 1952 à l’Alhambra de Grenade de l’art islamique, « l’art le plus intelligent, le plus précis, le plus raffiné, le plus systématique qui ait jamais existé », ce dernier joua un grand rôle dans ce revirement vers une abstraction géométrique objective.

Hassan Hajjaj est Photographe et designer, au confluent de plusieurs cultures, connu pour sa signature artistique pop orientale (bar Andy Wahloo, album de Hindi Zahra…), signe la réalisation d’un nouveau Salon baptisée Diwan Orientaloccidental.

C’est aussi l’occasion de découvrir les photographies de l’islam italien de Nicolò Degiorgis, parrainé pour l’occasion par le célèbre photographe anglais Martin Parr.

A découvrir également : les installations de Mehdi Moutashar, artiste français d’origine irakienne.

François Morellet

Principal représentant de l’abstraction géométrique aujourd’hui, dont l’œuvre s’inspire notamment de l’Alhambra (monument espagnol majeur de l’architecture islamique), propose une installation inédite.

François Morellet commence à peindre des toiles figuratives, avant de se tourner résolument vers l’abstraction dans les années 1950, à rebours des tendances contemporaines à l’abstraction lyrique ou expressionniste. La découverte en 1952 à l’Alhambra de Grenade de l’art islamique, « l’art le plus intelligent, le plus précis, le plus raffiné, le plus systématique qui ait jamais existé », joue un grand rôle dans ce revirement vers une abstraction géométrique objective. Parallèlement, ses maîtres occidentaux sont Piet Mondrian, Paul Klee, Marcel Duchamp, et ses amis Ellsworth Kelly ou Pierre Dac.

Morellet rejoint en 1960 le GRAV (Groupe de Recherche d’Art Visuel), qui souhaite « donner un sens social à la géométrie ». Le groupe se dissout en 1968, mais aura apporté beaucoup à l’art minimal. Morellet crée alors un art expérimental qui s’appuie sur les connaissances scientifiques de la perception visuelle, et commence en 1963 à intégrer à ses œuvres des néons.

Après 1970 débute pour Morellet une période marquée par la création d’œuvres de plus en plus dépouillées, qui jouent avec leur support et l’espace qui les environne. Il réalise alors un grand nombre d’intégrations architecturales, qui attestent de sa parfaite maîtrise dans le maniement des formes et leur adéquation parfaite avec l’architecture.

Irrespectueux des préceptes constructivistes, Morellet s’amuse dans ses œuvres à inventer des règles absurdes, où parfois intervient le hasard, et d’où le sentiment est absent, apportant ainsi un peu d’humour dans le terne monde de l’abstraction géométrique !


Hassan Hajjaj

Photographe et designer, au confluent de plusieurs cultures, connu pour sa signature artistique pop orientale (bar Andy Wahloo, album de Hindi Zahra…), signe la réalisation d’un nouveau Salon baptisée Diwan Orientaloccidental.

Né au Maroc à Larache en 1961, Hassan Hajjaj immigre avec sa famille à Londres à l’âge de 14 ans. Hassan Hajjaj évolue au cœur des cultures émergentes, dans les clubs, découvrant et tissant des liens avec le monde de la musique : reggae, hip hop et world.

Etabli à Londres Hassan Hajjaj ressent le besoin de resserrer les liens avec sa terre natale, avec laquelle il n’a jamais rompu, il décide d’explorer et de traduire son expérience pluriculturelle en produisant des séries de photos en hommage à ses amis, musiciens, artistes, danseurs, artisans.

Son regard d’occidental marque son univers marocain.

Hassan Hajjaj empruntant aux différentes cultures qui sont les siennes, utilise des stéréotypes picturaux tels que les odalisques ou les images de marques avec leurs logos-cultes. C’est avec audace qu’il assemble et oppose éléments orientaux et occidentaux, pour créer un univers riche et séduisant personnel et universel.

Le soin que Hassan Hajjaj apporte à l’encadrement de ses photos rappelle, le degré de finition dans la répétition des motifs de l’art décoratif islamique. C’est pour Hassan Hajjaj une extension de son terrain de jeu où il s’amuse à conforter les codes et les usages.

Parallèlement à son travail photographique, Hassan développe « Le Salon » un type d’installation où il cherche à mettre en scène une interaction sociale. Ces installations prennent forme dans des galeries, des musées, il est également l’auteur de la déco de l’Andy Wahloo à Paris.

Lorsque Hassan Hajjaj s’exprime par la photo ou par les installations, sa ligne directrice est la même, seul le medium change. Artisanales, très soigneusement exécutées, toutes ses productions intègrent le savoir faire et l’énergie de ses proches, ce qui contribue à leur unicité, et à leur richesse.

(source Emarrakech.info)


Nicolò Degiorgis

Par ailleurs, l’une des salles d’exposition accueille les photographies de l’islam italien de Nicolò Degiorgis, parrainé pour l’occasion par le célèbre photographe anglais Martin Parr.


Mehdi Moutashar

A découvrir également : les installations de Mehdi Moutashar, artiste français d’origine irakienne.

Aix-en-Oeuvres

Association Loi 1901

Mehdi MOUTASHAR

Depuis le début des années soixante-dix, Mehdi Moutashar mène une réflexion à la fois sensible et construite, formelle et

conceptuelle, où se rejoignent les fondements de la tradition arabo-musulmane — et notamment l’arabesque — et les ressources du

minimalisme géométrique. L’élaboration d’une grammaire articulée autour du concept du carré, présente dès le début dans son travail

en deux dimensions, s’est poursuivie ces dernières années à travers des constructions qui témoignent d’une approche philosophique

globale de l’espace.

C’est à cette logique qu’appartient sa référence constante à l’alphabet et à la calligraphie, ainsi que l’utilisation récurrente de la

brique, module par excellence.

La pièce présentée dans le parcours de Flânerie d’arts, adaptée à l’espace du jardin de la banque Palatine, est une version d’une

installation réalisée pour la première fois en 1989, où l’idée du carré est réaffirmée à travers celle du module : une manière de

prendre la mesure de l’espace, et de souligner son rapport à l’infini. Ce sol, où les carrés centraux figurent l’élément modulaire d’une

trame, fonctionne un peu comme un tapis volant. Dans la version d’origine le bleu, qui opère sur les mêmes longueurs d’ondes que le

noir, est utilisé sous forme de pigment, dont l’état pulvérulent active le rayonnement. C’est lui qui donne son orientation à la pièce

et sa mouvance.

L’utilisation du végétal est une autre option, et suggère une profondeur différente.


Reza Abedini

, graphiste hollandais né en Iran.

Reza Abedini est un graphiste iranien.

Né en 1967 à Tehran en Iran , est l’un des représentants les plus en vue du graphisme iranien. Il est graphiste indépendant et travaille essentiellement pour les milieux culturels de Téhéran (théâtre, cinéma, revues, artistes). Membre de l’Alliance Graphique Internationale et enseignant en design graphique à l’université de Téhéran depuis 1996, il a été primé par la fondation néerlandaise Prince Claus en 2006.

Ses compositions, ses « motifs » forment un langage composé de multiples codes : amalgames d’écritures rappelant les modes de composition des poèmes classiques perse, gamme colorée réduite a des couleurs sourdes et subtiles, papiers Kraft rappelant les architectures de terre séchée d’Ispahan ; blocs de textes, silhouettes, héritages remaniés de manuscrits anciens.

L’écriture de Reza Abedini montre une volonté de penser et d’affirmer un graphisme perse contemporain, résidant essentiellement dans sa manière de travailler la typographie. Il redessine et modernise les polices classiques de l’alphabet arabe. Malgré le fait qu’il soit issu d’un pays musulman et influencé par son histoire très riche en matière de calligraphie, Reza Abedini ne se considère en aucun cas comme calligraphe.

Abedini travaille notamment sur l’affichage, le poster, mais aussi la photographie, le logo, dans l’illustration, le design (des livres entre autres), et l’édition.