Résidences artistiques en milieu scolaire

L’ICI est engagé dans une politique d’action culturelle et mène chaque année en marge des ses expositions des projets artistiques en milieu scolaire.

Initiée en 2015 avec le projet « Une girafe dans le métro » à l’école Richomme (Paris 18), cette action s’est consolidée dans le cadre du dispositif de la ville de Paris l’Art Pour Grandir qui fait intervenir un artiste au sein d’une classe de collège pendant une ­année autour d’un projet. Au fil des années, Bruno Lemesle, Smaïl Kanouté, Fayçal Baghriche, Lou Hugot et SIFAT se sont prêtés à l’excercice. Découvrez ci-dessous les projets menés ces cinq dernières années.

Une girafe dans le métro

En 2015, les élèves de la classe 4 de grande section de l’école Richomme sont allés visiter l’exposition Maroc. Arts d’identités Identités à l’Institut des Cultures d’Islam. Ils ont été interpellés par la série de photographies Ânes Situ de Hicham Benohoud qui met en scène un âne dans un salon.

De retour en classe, en s’aidant de reproductions des œuvres, ils ont discuté et fait des interprétations. Ils ont ensuite imaginé des associations surprenantes entre des animaux et des lieux. Enfin chaque enfant a représenté ce qu’il avait imaginé en utilisant encre et craies grasses.

La Goutte d’Or. Grandir Ensemble

Initiation à la photographie par Bruno Lemesle

Résidence au Collège Georges Clémenceau (Paris 18)

dans le cadre du dispositif « Art pour Grandir », Ville de Paris

En 2016, les élèves de 5e SOA du Collège Georges Clémenceau (Paris 18), accompagnés des professeurs référents et de l’artiste Bruno Lemesle, ont été accueillis à l’Institut des Cultures d’Islam afin de visiter l’exposition Kitsch ou pas Kitsch ?. Une « première fois » à bien des égards : découverte d’une institution, familiarisation avec des œuvres d’art contemporain, initiation au vocabulaire muséographique et aux métiers de l’exposition. Malgré le caractère intimidant de la situation, les questions fusaient, les yeux pétillaient, les connections avec le travail fait en classe s’établissaient. Puis, d’autres séances ont suivi pour la réalisation de portraits et surtout pour l’exposition des travaux photographiques des élèves.

Danse en série

Initiation à l’expression corporelle et aux techniques d’impressions manuelles par Smaïl Kanouté

Résidence au Collège Georges Clémenceau (Paris 18)

dans le cadre du dispositif « Art pour Grandir », Ville de Paris

En 2017, c’est avec Smail Kanouté, artiste aux multiples facettes ayant grandi dans le quartier de la Goutte d’Or avant de suivre une formation à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris, que l’ICI s’est lancé dans l’aventure de Danse en série.

Smail Kanouté a pendant plusieurs mois initié les élèves de la 4e D du collège Georges Clémenceau à l’expression corporelle et aux techniques d’impressions manuelles, leur transmettant sa passion du geste. À ses côtés et avec l’accompagnement du service de la médiation culturelle de l’ICI, les adolescents ont découvert la sérigraphie et la danse urbaine afin de créer les décors, les costumes et la chorégraphie d’un spectacle.

Leurs séances les ont amené à pousser de nouvelles portes, à commencer par celles des vendeurs de Wax, des stylistes du quartier et de l’incroyable atelier de sérigraphie du Paris Print Club. Les élèves ont franchi ensuite les portes du Palais de Tokyo et du CENTQUATRE, souvent pour la première fois, avant la représentation finale de leur spectacle à l’ICI, devant un public nombreux et conquis.

Un jour…

Initiation à l’art vidéo par Fayçal Baghriche

Résidence au Collège Guy Flavien (Paris 12)

dans le cadre du dispositif « Art pour Grandir », Ville de Paris

En 2018, l’ICI a invité l’artiste plasticien Fayçal Baghriche à intervenir en résidence dans la classe de 4e 4 du collège Guy Flavien (Paris 12).  Les élèves ont découvert l’art de la vidéo autobiographique et artistique et se sont initiés au récit de soi, à l’enregistrement audio et la prise d’image. Ils ont été interpellés par la vidéo La Nuit du Doute de Fayçal : l’artiste puise dans ses souvenirs d’enfance et de programmes TV pour interroger la validité du regard et la manière dont réalité, conventions et fiction cohabitent en nous. L’espace, la nuit noire, le vide, la peur, l’aveuglement, autant de registres et d’émotions qu’il convoque pour évaluer notre faculté à voir et à croire.

En s’aidant de cette œuvre, ils ont chacun choisi un récit personnel, se sont ensuite enregistrés et ont été initiés aux logiciels de vidéo. Le film Un jour…, fruit de ce travail, a fait alors l’objet de deux restitutions : au collège et au Louxor – Palais du Cinéma. Elles ont permis de diffuser à une large échelle le travail des adolescents.

Libère ton impro !

Initiation à l’expression scénique par Lou Hugot

Résidence au Collège La Grange aux Belles (Paris 10)

dans le cadre du dispositif « Art pour Grandir », Ville de Paris

En 2019, l’ICI a mis à l’honneur le théâtre, discipline faisant partie des rendez-vous réguliers de sa programmation pluridisciplinaire. Lou Hugot a collaboré avec l’Institut des Cultures d’Islam à plusieurs reprises. En diva rêvée, elle a envoûté le patio de l’ICI avec son spectacle Maria Dolores y Habibi Starlight. Sous le même pseudonyme, Maria Dolores, cette fois déguisée en sirène kitsch, elle a animé un karaoké et réalisé une visite guidée pleine d’humour et de dérision de nos espaces d’exposition.

C’est dans cet état d’esprit burlesque qu’elle a rencontré la classe de 4e C de la Grange aux Belles (Paris 10). Les élèves ont dès la première séance pu découvrir la liberté et la spontanéité que Lou dégage et voulait leur transmettre. Le projet et l’envie étaient clair dès le début : guider les esprits vers la liberté d’expression, inciter les jeunes à sortir des codes qu’ils connaissent, bousculer un peu leurs imaginaires et leur rapport aux autres. Des sorties, spectacles, visites de théâtre et d’établissements culturels sont venus accompagner les ateliers d’improvisation théâtrale. Chaque rencontre était un prétexte pour transmettre aux jeunes l’univers de Lou. Cette pédagogie ludique a porté ses fruits, en amenant les élèves à créer un spectacle un brin loufoque et très drôle.

Totems et symboles

Initiation au Street Art par SIFAT

Résidence au Collège Georges Clémenceau (Paris 18)

dans le cadre du dispositif « Art pour Grandir », Ville de Paris

Cette année, l’artiste Sifat intervient auprès des classes du collège Clemenceau (Paris 18). Originaire du Bangladesh et passionnée par les écritures, les calligraphies, les alphabets et les signes en tous genre, elle s’intéresse très tôt au graffiti et crée son propre langage qui invite à la contemplation, à l’évasion et à la découverte. Son travail autour de la ligne, du tracé, de la couleur et des motifs rappelle des imprimés sur textile et constitue une initiation au voyage.

Dans son projet avec les élèves, l’écriture est utilisée comme prétexte à l’expérimentation autour du symbole, de la forme et du graphisme. Les créations des collégiens seront présentées dans le cadre d’une restitution à l’Institut des Cultures d’Islam après le confinement.